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Voici un nouvel épisode de "comment restaurer sa guitare"

sans être un spécialiste.....

C'est une expérience toujours intéressante lorsque l'on aime les guitares vintage et le bricolage. Alors je me suis laissé tenter par une autre Eko Cobra bass mais cette fois-ci c'est un modèle avec deux micros. Trouvée également sur Ebay, je savais d'avance qu'il y aurait un travail de restauration important à faire vu l'état qu'elle présentait sur la photo du vendeur.


EKO Cobra II de 1972

Caractéristiques du catalogue 1973 :  référence : cobra bass II. Twin pickups, solid body electric bass, 3 way toggle switch pickup selector, adjustable bridge, double T-bar neck reinforcement.
Le tableau descriptif indique que le corps est en "yellotong" (si quelqu'un connaît cette essence qu'il me le dise), le manche est en érable et la touche en palissandre. Deux micros, deux potentiomètres volume et tonalité, ainsi qu'un sélecteur de micros trois positions.

Réception de la guitare :
Comme toujours c'est avec une certaine impatience que l'on attend la livraison de l'objet, et avec un peu d'anxiété que l'on ouvre le colis. Au vu des photos publiées par l'annonceur EBay, je subodorais que l'état ne serait pas extraordinaire s'agissant d'une guitare qui n'était plus dans son état d'origine, présentant une finition "bois" qui n'existait pas au catalogue.
Au déballage nous avons une bonne surprise, mais ce sera bien la seule, car la guitare est livrée dans un étui moderne en très bon état qui abritera convenablement une autre de mes basses, car la Cobra II est de petite taille et nage un peu à l'intérieur.
La guitare elle-même se présente donc comme prévu avec une couleur légèrement jaunâtre. L'état général n'est pas fameux, elle est sale et présente çà et là des traces  de peinture blanche que nous retrouverons un peu partout lors du démontage. Absence du capot de chevalet ainsi que du logo EKO, qui d'après l'année estimée  de ce modèle devrait se trouver sur la tête sous forme d'une décalcomanie de couleur noire.

Etat des lieux

Après avoir rapidement branché la guitare pour tester les micros qui fonctionnent bien (ouf !) et constater que les potentiomètres crachent  (ce qui est normal au vu de l'état de l'électronique et se retrouve même sur certaines guitares récentes ou neuves !), je procède à son démontage total.
Première constatation, malgré les nombreuses traces de peinture blanche remarquées au démontage, la couleur originale qui apparaît dans la cavité des micros est rouge. C'est vraisemblablement la couleur présente au catalogue ci-dessus et ce sera celle que nous adopterons pour tenter de lui redonner son aspect initial.

Après avoir ôté les cordes, je retire les vis du pick-guard pour regarder l'état de l'électronique. Ce n'est pas brillant, un potentiomètre à été remplacé et c'est un modèle très bas de gamme, et l'autre est complètement oxydé ! En ce qui concerne le switch micros à trois positions, le propriétaire précédent ayant perdu le contre-écrou permettant de le fixer au pick-guard n'a pas trouvé mieux que d'enrouler un fil de fer autour de l'axe et de le souder à la soudure électrique ! Il faut le faire !

La peinture du corps

L'objectif de cette restauration étant de remettre la guitare dans un état proche de celui d'origine, une remise en peinture du corps est donc nécessaire. N'ayant pas de matériel de peinture genre pistolet et compresseur, j'ai opté pour une peinture à la bombe aérosol, et après recherches sur internet, j'ai choisi la gamme de peintures acryliques "carrossier" de la marque "Motip", en vente dans les magasins de la chaine Norauto et Feu vert. Avantages : pas de frais de port et si la couleur que vous recherchez est en rayon pas de délai d'attente vous repartez avec. Le revers de la médaille est que le prix en un peu plus élevé que chez certains distributeurs en ligne.

Pas facile de voir à priori tout les défauts du bois, à part un ou deux trous à reboucher au mastic, je n'avais rien remarqué de particulier. Après la première couche d'apprêt, j'ai vu apparaître des problèmes de planeïté du corps probablement dus à des ponçages inapropriés non remarqués au départ, donc un nouveau ponçage à la ponceuse orbitale avec du P800 a été nécessaire, puis seconde couche d'apprêt.

Malheureusement, nouveau problème après mise en peinture la brillance ayant fait apparaître de nouveaux défauts qui m'avaient échappés jusqu'à présent. Un conseil, il ne faut pas vider la bombe aérosol entièrement mais toujours en garder un peu pour les petits points de retouche qui s'avèreraient nécessaires. Et j'en ai eu pas mal !
Autre conseil, si les peintures sont "sèches au toucher" assez rapidement, en moyenne 2 heures suivant les indications du fabricant, le séchage à coeur n'intervient qu'au bout de 24 ou 48 heures suivant la température ambiante. Donc éviter de vous précipiter pour la phase suivante sous peine de laisser des traces sur votre peinture qui vous obligeraient à de nouvelles retouches.
Autre conseil pour le polissage, attention de ne pas vouloir trop de brillant, car on risque de faire réapparaître la couche d'apprêt, car avec les bombes aérosols la couche de peinture n'est pas très épaisse. On peut quand même obtenir un brillant satisfaisant en y allant sur la pointe des pieds !

Nettoyage/polissage des accessoires

Je procède maintenant au nettoyage de la plaque de fixation du manche, des mécaniques qui s'avèrent piquées avec des parties d'où le chrome n'est plus présent, et du cordier. Ces pièces sont polies à l'aide d'un tampon en mousse (fixé sur une perceuse) et un polish liquide très fin type "Abel auto pour micros-rayures".
Les chromes de ternes qu'ils étaient redeviennent brillants sauf les parties piquées, mais l'aspect général est grandement amélioré. (photos ci-dessous après polissage)

Idem pour l'ensemble chevalet. Restait un petit problème avec le pickguard noir 3 plis qui présentait des parties rayées et mates. Après un essai prudent sur l'envers du pick-guard, je lui applique la même technique et il retrouve un brillant qui m'étonne moi-même. Celà n'efface pas les coups ou rayures plus marquées mais est suffisant pour redonner un très bon aspect aux pièces traitées.

Le pickguard est redevenu extrèmement brillant, les zones mates et rayées ayant disparues. D'autant plus étonnant que le "Abel auto micro-rayures" n'est théoriquement pas recommandé pour les plastiques !

Le chevalet avec son capot (qui est une pièce d'origine "new old stock" que j'avais en réserve), avec ses pontets dont on remarque le profil des gorges adapté à chaque grosseur de  corde, et les vis de réglage avec leur ressort.

Autre problème avec les oeillets (bushings en Anglais) qui avaient été extraits sans précautions par le précédent propriétaire,  du genre "on soulève avec un tournevis, on agrippe avec une pince et on tire". Moralité, des oeillets dont les bords étaient profondément entaillés voire déformés avec le chrome qui avait sauté en de nombreux endroits. Malgré quelques essais de peinture "chrome", le résultat était assez pitoyable. Après de nombreuses recherches effectuées sur le net, j'ai été obligé de me rendre à l'évidence qu'il était impossible de trouver cette taille en accessoires, le format 14/10 mm ne se faisant plus depuis belle lurette !
Aux grands maux les grands remèdes, je décidais d'en faire fabriquer et après quelques heures passées à faire un plan aux cotes souhaitées, j'ai passé commande auprès de "Easy Usinage" que je vous recommande pour sa facilité d'accès pour les particuliers, son sérieux et sa rapidité, car j'ai reçu à peine huit jours après la commande, des oeillets neufs de très bonne facture. J'ai choisi l'acier inoxydable pour faire l'économie du chromage qui doublait quasiment le prix.

Confection d'un logo

Cette guitare était dépourvue de marque. Selon les catalogues d'époque le logo était apposé sur la tête de la guitare au moyen d'une décalcomanie de couleur noire. J'ai récupéré sur internet la photo de ce logo et après un travail patient de retouche, j'ai recréé le logo prêt à être transféré sur décalcomanie. C'est simple, il suffit de l'imprimer sur une feuille de papier spécial à support translucide. Vous trouverez ces papiers et les produits recommandés pour leur fixation (liquid decal film et micro-set) dans les magasins de fournitures pour modélisme par exemple chez "Micro Modèle".
Bon j'ai eu de la chance car ce logo était noir. S'il avait été blanc, impossible de le réaliser avec une imprimante jet d'encre qui ne dispose pas d'encre blanche. Il est impératif de protéger votre décalcomanie avec le produit cité plus haut pour le rendre imperméable, car le bref instant où vous le tremperez dans l'eau pour le décoller du support, suffirait à dissoudre l'encre.
Dans mon cas, le seul problème que j'ai rencontré venait de mon impatience à passer à la phase suivante, et donc une nouvelle fois, je vous recommande de laisser sécher l'encre, puis le vernis, au moins 24 heures !

Le modèle dont je me suis inspiré ...       après retouches ...          imprimé et découpé sur le papier spécial ...        et collé en place.          

Pour le manche j'ai également utilisé le vernis transparent en bombe aérosol de la marque Motip, et une bonne dizaine de couches de vernis plus tard, et après remontage des mécaniques ...

Réfection de l'électronique

Vu l'état épouvantable de l'électronique à la réception de la guitare, j'ai été obligé de procéder à sa réfection totale. J'ai donc remplacé les deux potentiomètres de 250 k, la capacité de 0,33 mfd, le jack de sortie, et le sélecteur de micros à trois positions, ce dernier était en rupture chez le fournisseur et j'ai dû patienter un bon mois avant de l'avoir !

Remontage de la guitare et bilan

Et bien voilà, j'ai enfin terminé le remontage de la guitare. A part les mécaniques qui restent assez dures à tourner, le bilan est largement positif. L'électronique fonctionne parfaitement sans aucun crachement, le réglage de tonalité est efficace et je suis assez étonné de la précision du son et du niveau de sortie important des micros, qui soutient bien la comparaison avec des basses plus récentes.
Grâce à une petite cale en bois placée sous le talon du manche, l'action est idéale et la guitare très plaisante à jouer, malgré l'étroitesse du manche que l'on peut regretter et qui était l'une des caractéristiques des basses Eko.

Mais passons à l'essentiel et après cette restauration, voici les traditionnelles photos ... AVANT ... et APRES !


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